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Bilan carbone d'entreprise : quelle place pour le numérique ?

Un bilan carbone évalue les émissions de gaz à effet de serre d'une organisation, réparties en trois périmètres. Le numérique s'y retrouve dispersé entre les trois, ce qui explique qu'il soit souvent sous-estimé, voire oublié.

Article6 août 2026
5 min

Les trois périmètres, en deux phrases

Le scope 1 couvre les émissions directes, ce que l'organisation brûle elle-même. Le scope 2 couvre l'énergie achetée, principalement l'électricité. Le scope 3 couvre tout le reste, en amont et en aval : achats, déplacements, usage des produits vendus.

Pour la plupart des organisations, le scope 3 représente l'essentiel du bilan, et c'est aussi le plus difficile à évaluer.

Où tombe le numérique

  • L'électricité des équipements sur site relève du scope 2.
  • La fabrication des ordinateurs, téléphones et serveurs achetés relève du scope 3 amont. C'est très souvent le poste numérique le plus lourd.
  • L'hébergement et les services en ligne loués relèvent du scope 3 amont.
  • L'usage de vos services par vos clients relève du scope 3 aval. C'est ici que se range l'impact de votre site web, et c'est le poste le plus fréquemment omis.

Cette dispersion explique le phénomène classique : une organisation conclut que son numérique pèse peu, parce qu'elle n'a compté que l'électricité de ses bureaux.

Estimer la part d'un site web

Une évaluation complète relève d'un cabinet spécialisé. Pour un ordre de grandeur exploitable, la démarche est plus simple :

  1. Mesurer les gabaritsPoids transféré, requêtes et éléments DOM sur les pages représentatives.
  2. Compter les pages vuesSur douze mois, depuis votre outil de mesure d'audience.
  3. Croiser les deuxLes outils d'estimation carbone web appliquent des facteurs d'émission aux volumes transférés et au temps d'affichage.
  4. Refaire l'année suivanteLa valeur absolue est incertaine, l'écart entre deux mesures l'est beaucoup moins.

C'est le point important : traitez ces chiffres comme des tendances, pas comme des vérités. Les méthodes divergent, les facteurs d'émission varient d'un pays à l'autre. Ce qui reste solide, c'est la comparaison d'une année sur l'autre avec la même méthode.

Ce qui fait bouger le chiffre

Les mêmes leviers que partout : moins de données transférées, moins de requêtes, des pages plus simples, un hébergement moins intense en carbone, et surtout des pages qui n'excluent pas les appareils anciens. La fabrication des terminaux domine le bilan du numérique, donc un service qui pousse au renouvellement coûte plus cher au climat que ce qu'il consomme en électricité.

Notre audit d'éco-conception fournit les mesures par gabarit qui alimentent ce calcul, et notre registre public montre les notes des sites que nous livrons.

FAQ

Questions fréquentes

Dans quel scope se range le numérique d'une entreprise ?

Il se répartit sur les trois. L'électricité des équipements sur site relève du scope 2, la fabrication du matériel acheté et l'hébergement loué du scope 3 amont, et l'usage des services numériques par les clients du scope 3 aval.

Comment estimer l'empreinte carbone d'un site web ?

En mesurant le poids transféré, le nombre de requêtes et la complexité des gabarits représentatifs, puis en croisant ces valeurs avec le nombre de pages vues sur douze mois. La valeur absolue reste incertaine ; l'évolution d'une année sur l'autre, mesurée avec la même méthode, est bien plus fiable.

Le numérique pèse-t-il beaucoup dans un bilan carbone ?

Plus qu'on ne le croit, parce qu'il est dispersé entre les trois périmètres et souvent réduit à la consommation électrique des bureaux. Le poste le plus lourd est généralement la fabrication du matériel, comptée en scope 3.

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